art-contemporainAnonyme (-4000) : Statuette de femme (-4000)
Paume, doux lit froissé où des étoiles dormantes avaient laissé des plis en se levant vers le ciel. Est-ce que ce lit était tel qu’elles se trouvent reposées, claires et incandescentes, parmi les astres amis en leur élan éternel ? ô les deux lits de mes mains, abandonnés et froids, légers d’un absent poids de ces astres d’airain. Vergers, Paul Hartmann, éditeur, 1935 source du texte : Wikisource
Rainer Maria Rilke : Paume (1926)
art-moderneLotte Laserstein : Evening over Potsdam (1930)
Should I then say, can I then know Which way the wind should blow – Across the grass, beyond the mulberry tree For now I see The sky in tatters – all the clouds awry And soon I will not see the sky. It will be closed, I will be dead And all I wish to say will stay unsaid. How could I know, when first I came, Nothing would be the same? Where is the hedge, where is the hill beyon No reed or frond, No lake a zone of mist, in which I stray, And soon I will have lost my way. Alone, I wander where I choose, And soon there will not be a me to lose. Pourrais-je dire alors, saurais-je alors Dans quel sens le vent doit souffler – Sur l'herbe, au-delà du mûrier Car je vois à présent Le ciel en lambeaux – tous les nuages en désordre Et bientôt je ne verrai plus le ciel. Il se fermera, je serai mort Et tout ce que j'aimerai dire restera non-dit. Comment aurais-je pu savoir, à mon arrivée, Que rien ne serait plus pareil ? Où est la haie, où est la colline au-delà Ni roseau ni fronde, Ni lac, mais un lieu de brume où je m'égare, Et bientôt je me serai perdu. Seul, j'erre au gré de mes pas, Et bientôt il n'y aura plus de moi à perdre. Summer Requiem, 2015 Vikram Seth, né le 20 juin 1952 à Calcutta, est un poète et écrivain indien (Bengali) d'expression anglaise. Il est surtout connu pour son roman fleuve Un garcon convenable, publié en 1993. (wikipedia)
Vikram Seth : Which Way ? Dans quel sens ?
art-contemporainLois Dodd : Night Bayou at Pierre Part, LA (1984)
Le bateau fait sa route entre les îles ; la mer est si calme qu’on dirait qu’elle n’existe pas. Il est onze heures du matin, et l’on ne sait s’il pleut ou non. La pensée du voyageur se reporte à l’année précédente. Il revoit sa traversée de l’Océan dans la nuit et la rafale, les ports, les gares, l’arrivée le dimanche gras, le roulement vers la maison, tandis que d’un œil froid il considérait au travers de la glace souillée de boue les fêtes hideuses de la foule. On allait lui remontrer les parents, les amis, les lieux, et puis il faut de nouveau partir. Amère entrevue ! comme s’il était permis à quelqu’un d’étreindre son passé. C’est ce qui rend le retour plus triste qu’un départ. Le voyageur rentre chez lui comme un hôte ; il est étranger à tout, et tout lui est étrange. Servante, suspends seulement le manteau de voyage et ne l’emporte point. De nouveau, il faudra partir ! À la table de famille le voici qui se rassied, convive suspect et précaire. Mais, parents, non ! Ce passant que vous avez accueilli, les oreilles pleines du fracas des trains et de la clameur de la mer, oscillant, comme un homme qui rêve, du profond mouvement qu’il sent encore sous ses pieds et qui va le remporter, n’est plus le même homme que vous conduisîtes au quai fatal. La séparation a eu lieu, et l’exil où il est entré le suit. Connaissance de l’Est, Larousse, 1920 source du texte : Wikisource
Paul Claudel : Pensée en mer
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