art-moderneFederico Zandomeneghi : Casetta a Montmartre (1879)
art-moderneAugust Macke : Deux filles dans la forêt (1912)
Chove en Santiago, meu doce amor. Camelia branca do ar brila entebrecida ó sol. Chove en Santiago na noite escura. Herbas de prata e de sono cobren a valeira lúa. Olla a choiva pola rúa, laio de pedra e cristal. Olla no vento esvaído, soma e cinza do teu mar. Soma e cinza do teu mar, Santiago, lonxe do sol ; ágoa da mañán anterga trema no meu corazón. Il pleut à Saint-Jacques, mon doux amour. Le camélia blanc de l'air brille en demi-teinte au soleil. Il pleut à Santiago dans la nuit sombre. Des herbes d'argent et de sommeil couvrent la lune vide. Regarde la pluie par la rue, plainte de pierre et de cristal. Regarde dans le vent évanoui, la somme et la cendre de ta mer. Somme et cendre de ta mer, Saint-Jacques, loin du soleil ; l'eau du matin ancien frémit dans mon cœur. traduction littérale, arrangée par Luc Fayard Seis poemas galegos (1935). Écrit directement en galicien. Federico Garcia Lorca, poète et dramaturge espagnol, également prosateur, peintre, pianiste et compositeur (wikipedia) (1898-1936) source du texte
Federico Garcia Lorca : Madrigal à la ville de Saint-Jacques (1935)
art-moderneValentin Serov : Portrait de Praskovia Anatolievna Mamontova (1887)
c’est afin que le ciel nous ménage un passage entre les vergers bleus et les coteaux vernis du paysage que j’en appelle à dieu car je vais retirer mon ombre de mes pages mon ombre de corbeau afin de découvrir d’autres images et les chants les plus beaux c’est ainsi que partaient mes ancêtres si sages vers de profonds confins et qu’ils descendaient d’étage en étage vers le lieu de leur fin moi j’ai perdu mon temps la colère et la rage ont déchiré mes heures oncques ne me suis soumis à l’orage avant ma dernière heure un rossignol chantait hier il chante encore cette nuit qui va finir comme la nuit où l’on entend le train siffler rossignol grâce à ta prière la nuit se prolonge ardemment et je me tiens comme un amant de Colombine aux belles mains ne te tais pas si je pouvais je chanterais un air mauvais pour rendormir tous ces bourgeois qui ne connaissent pas la joie poèmes ratés je vous fixe aujourd’hui rendez-vous encore un dans le panier d’autres dans la cheminée vous brûlez j’en suis fort aise vous délivrez du malaise ma tête emplie de fadaises et puis je meurs avec vous soyez bénis vous êtes là où je ne vous attendais pas reliques de mon désespoir et vous me redonnez l’espoir le paradoxe est un bon plat qui se mange bien cuit mais froid sans lui je serais déjà froid dans l’abîme froid de mes draps or je boite comme jamais je ne boitais au mois de mai c’est ce que le merle me dit et je n’ose le contredire nous sommes de nouveau lundi je tiens mes rêves pour l’oubli d’une semaine de repli et je recommence à partir de rien vers mon petit martyre Passage des ombres, Éditions de la Table Ronde), 2008 Jean-Claude Pirotte , avocat, poète, peintre (1939-2014)
Jean-Claude Pirotte : c’est afin que le ciel nous ménage un passage (2008)
art-contemporainJehad Alshrafi : Gaza (2026)
Premier jeudi de chaque mois — gratuit, court, sans pub, sans spam
Je m’abonne →