Poésie/première publie mon poème « sortilège »

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Poésie/première publie mon poème « sortilège »

fusion couleurs et lignes blanc noir vert la verticale contre l'oblique le léger et l‘immuable la vie et l'objet le présent et le passé la mésange furtive qui se cache au nid de la poutrelle d’acier le hamac laineux suspendu comme un rêve à la bise des jours bénis indices de souvenirs comme du cinéma partout dans les yeux la table et les chaises qui attendent patiemment d'autres scènes de joie la cible accrochée au mur qui a reçu tant de flèches aux trajectoires surprise à terre les carreaux crème trait d’union entre les pas sur la longue terrasse tout autour toujours les chênes blancs et verts et les pierres rocher et ce calme majestueux mer de sagesse bourgeonnante ou rafraîchir son âme Texte de Luc Fayard inspiré par la vue de sa fenêtre du sud

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Guillaume Apollinaire : Il pleut (1916)

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De leur col blanc courbant les lignes, On voit dans les contes du Nord, Sur le vieux Rhin, des femmes-cygnes Nager en chantant près du bord, Ou, suspendant à quelque branche Le plumage qui les revêt, Faire luire leur peau plus blanche Que la neige de leur duvet. De ces femmes il en est une, Qui chez nous descend quelquefois, Blanche comme le clair de lune Sur les glaciers dans les cieux froids, Conviant la vue enivrée De sa boréale fraîcheur À des régals de chair nacrée, À des débauches de blancheur ! Son sein, neige moulée en globe, Contre les camélias blancs Et le blanc satin de sa robe Soutient des combats insolents. Dans ces grandes batailles blanches, Satins et fleurs ont le dessous, Et, sans demander leurs revanches, Jaunissent comme des jaloux. Sur les blancheurs de son épaule, Paros au grain éblouissant, Comme dans une nuit du pôle, Un givre invisible descend. De quel mica de neige vierge, De quelle moelle de roseau, De quelle hostie et de quel cierge A-t-on fait le blanc de sa peau ? A-t-on pris la goutte lactée Tachant l’azur du ciel d’hiver, Le lis à la pulpe argentée, La blanche écume de la mer ; Le marbre blanc, chair froide et pâle, Où vivent les divinités ; L’argent mat, la laiteuse opale Qu’irisent de vagues clartés ; L’ivoire, où ses mains ont des ailes, Et, comme des papillons blancs, Sur la pointe des notes frêles Suspendent leurs baisers tremblants ; L’hermine vierge de souillure, Qui, pour abriter leurs frissons, Ouate de sa blanche fourrure Les épaules et les blasons ; Le vif-argent aux fleurs fantasques Dont les vitraux sont ramagés ; Les blanches dentelles des vasques, Pleurs de l’ondine en l’air figés ; L’aubépine de mai qui plie Sous les blancs frimas de ses fleurs ; L’albâtre où la mélancolie Aime à retrouver ses pâleurs ; Le duvet blanc de la colombe, Neigeant sur les toits du manoir, Et la stalactite qui tombe, Larme blanche de l’antre noir ? Des Groenlands et des Norvèges Vient-elle avec Séraphita ? Est-ce la Madone des neiges, Un sphinx blanc que l’hiver sculpta, Sphinx enterré par l’avalanche, Gardien des glaciers étoilés, Et qui, sous sa poitrine blanche, Cache de blancs secrets gelés ? Sous la glace où calme il repose, Oh ! qui pourra fondre ce cœur ! Oh ! qui pourra mettre un ton rose Dans cette implacable blancheur ! Émaux et Camées, Lemerre, 1890 source du texte : Wikisource

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Théophile Gautier : Symphonie en blanc majeur (1852)

Kees van Dongen — Tamara (1913)art-moderne

Kees van Dongen : Tamara (1913)

Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal, Fatigués de porter leurs misères hautaines, De Palos de Moguer, routiers et capitaines Partaient, ivres d’un rêve héroïque et brutal. Ils allaient conquérir le fabuleux métal Que Cipango mûrit dans ses mines lointaines, Et les vents alizés inclinaient leurs antennes Aux bords mystérieux du monde Occidental. Chaque soir, espérant des lendemains épiques, L’azur phosphorescent de la mer des Tropiques Enchantait leur sommeil d’un mirage doré ; Ou penchés à l’avant des blanches caravelles, Ils regardaient monter en un ciel ignoré Du fond de l’Océan des étoiles nouvelles. Les Trophées, Alphonse Lemerre, 1893 source du texte : Wikisource

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José-Maria de Heredia : Les Conquérants (1893)

Henri Matisse — La Robe blanche (1922-1923)art-moderne

Henri Matisse : La Robe blanche (1922-1923)

Le sable rouge est comme une mer sans limite, Et qui flambe, muette, affaissée en son lit. Une ondulation immobile remplit L’horizon aux vapeurs de cuivre où l’homme habite. Nulle vie et nul bruit. Tous les lions repus Dorment au fond de l’antre éloigné de cent lieues, Et la girafe boit dans les fontaines bleues, Là-bas, sous les dattiers des panthères connus. Pas un oiseau ne passe en fouettant de son aile L’air épais, où circule un immense soleil. Parfois quelque boa, chauffé dans son sommeil, Fait onduler son dos dont l’écaille étincelle. Tel l’espace enflammé brûle sous les cieux clairs. Mais, tandis que tout dort aux mornes solitudes, Les éléphants rugueux, voyageurs lents et rudes Vont au pays natal à travers les déserts. D’un point de l’horizon, comme des masses brunes, Ils viennent, soulevant la poussière, et l’on voit, Pour ne point dévier du chemin le plus droit, Sous leur pied large et sûr crouler au loin les dunes. Celui qui tient la tête est un vieux chef. Son corps Est gercé comme un tronc que le temps ronge et mine Sa tête est comme un roc, et l’arc de son échine Se voûte puissamment à ses moindres efforts. Sans ralentir jamais et sans hâter sa marche, Il guide au but certain ses compagnons poudreux ; Et, creusant par derrière un sillon sablonneux, Les pèlerins massifs suivent leur patriarche. L’oreille en éventail, la trompe entre les dents, Ils cheminent, l’œil clos. Leur ventre bat et fume, Et leur sueur dans l’air embrasé monte en brume ; Et bourdonnent autour mille insectes ardents. Mais qu’importent la soif et la mouche vorace, Et le soleil cuisant leur dos noir et plissé ? Ils rêvent en marchant du pays délaissé, Des forêts de figuiers où s’abrita leur race. Ils reverront le fleuve échappé des grands monts, Où nage en mugissant l’hippopotame énorme, Où, blanchis par la Lune et projetant leur forme, Ils descendaient pour boire en écrasant les joncs. Aussi, pleins de courage et de lenteur, ils passent Comme une ligne noire, au sable illimité ; Et le désert reprend son immobilité Quand les lourds voyageurs à l’horizon s’effacent. Poèmes barbares, Librairie Alphonse Lemerre, 1900 source du texte : Wikisource

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Leconte de Lisle : Les Éléphants (1862)

Georges Lacombe — Marine bleue, effet de vagues (1893)art-moderne

Georges Lacombe : Marine bleue, effet de vagues (1893)

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La Gazette d'Amavero n°30
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