Un cygne avance sur l’eau tout entouré de lui-même, comme un glissant tableau ; ainsi à certains instants un être que l’on aime est tout un espace mouvant. Il se rapproche, doublé, comme ce cygne qui nage, sur notre âme troublée… qui à cet être ajoute la tremblante image de bonheur et de doute. Vergers, Paul Hartmann, éditeur, 1935 source du texte : Wikisource
Rainer Maria Rilke : Un cygne avance sur l’eau… (1926)
art-contemporainWalasse Ting : Ladies with Watermelons (1980)
art-contemporainAndré Brasilier : Chevalier de la mer (1955)
Ils ne savent plus où se poser ces baisers, Ces lèvres sur des yeux aveugles et glacés ; Désormais endormis en leur songe superbe, Ils regardent rêveurs comme des chiens dans l’herbe, La foule des brebis grises à l’horizon, Brouter le clair de lune épars sur le gazon, Aux caresses du ciel, vague comme leur vie ; Indifférents et sans une flamme d’envie, Pour ces roses de joie écloses sous leurs pas ; Et ce long calme vert qu’ils ne comprennent pas. Serres chaudes, Paul Lacomblez, Éditeur, 1912 source du texte : Wikisource
Maurice Maeterlinck : Lassitude (1889)
art-contemporainDonald Sultan : Red Roses (2001)
Je ne veux qu’une seule leçon, c’est la tienne, fontaine, qui en toi-même retombes, — celles des eaux risquées auxquelles incombe ce céleste retour vers la vie terrienne. Autant que ton multiple murmure rien ne saurait me servir d’exemple ; toi, ô colonne légère du temple qui se détruit par sa propre nature. Dans ta chute, combien se module chaque jet d’eau qui termine sa danse… Je me sens l’élève, l’émule de ton innombrable nuance ! Mais ce qui plus que ton chant vers toi me décide c’est cet instant d’un silence en délire lorsqu’à la nuit, à travers ton élan liquide passe ton propre retour qu’un souffle retire. Vergers, Paul Hartmann, éditeur, 1935 source du texte : Wikisource
Rainer Maria Rilke : La Fontaine (1926)
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