art-moderneKäthe Kollwitz : Autoportrait légèrement tourné vers la gauche (1893)
D’elle j’attends ce dessin presqu’un oiseau une branche ce quelque chose entre le ciel et ma main et ce caillou qui ne m’arrête pas est-il autre chose pour s’éloigner que d’avoir grandi où elle aura passé Ainsi chaque jour un travail perché sur mon épaule la terre en vue retournée par la mort un instant de ce qui brille les yeux fermés Paupière une écriture si fine frissonne de recueillement dans les branches d’un oiseau gavé de lumière comme un fruit Le journal d'un manœuvre, Gallimard, 1990 Thierry Metz (1956-1997) source du texte
Thierry Metz : D’elle j’attends ce dessin presqu’un oiseau
art-moderneHenri Rousseau : Paysage et quatre pêcheurs à la ligne (1909)
art-modernePaul Sérusier : Pêcheur sur la Laïta (1890)
To break free. To ascend. To be. But not in heaviness, not in pain, not in fright coursing through the veins, in the iron fist of gravitation, stuck in tangled and sticky relations, not in fear, lust, intermittent fever, not in the web of decisions, yes, no, no, yes, no, no, not in the wild constraints of intelligence, not in the tar of logic, not in small talk, not in the deep waters of a dream, while digging zigzagging and crumbling tunnels of a suffocating mole labyrinth, forward or which way or why at all, no – only in another landscape’s muggy, iridescent, mouth-to-mouth breathing, melting, light-infused and soul-filled wide space, where there are no names, no language breathes through bodiless existence, there is no joy and there is no joylessness, nor is there rebellion or numbness, and laws also flow together, there is no two by two equals four, because numbers one and two don’t exist yes – those no longer here are there, in the uterus of paradox, listening to the other-time, as it beats, beats, beats, but does not break up, does not push you out of it only to fear again – It holds on by letting go, it lets go by holding on, being and unbeing: secret, secret, secret. Traduit du hongrois par Ági Bori S’affranchir. S’élever. Être. Mais pas dans la lourdeur, pas dans la douleur, ni dans l’effroi parcourant les veines, sous la poigne de fer de la gravitation, englué dans des liens enchevêtrés et poisseux, pas dans la peur, la luxure, la fièvre intermittente, pas dans la toile des décisions — oui, non, non, oui, non, non — ni dans les contraintes sauvages de l’intelligence, ni dans le goudron de la logique, ni dans les vains bavardages, ni dans les eaux profondes d’un rêve, tandis qu’on creuse, en zigzaguant et en s’effritant, les tunnels d’un labyrinthe de taupe étouffant, vers l’avant, ou par où, ou pourquoi même, non – mais seulement dans l’espace vaste, baigné de lumière et empli d’âme, d’un autre paysage, lourd, irisé, où le souffle passe de bouche en bouche, où tout se fond, où il n’y a ni noms ni langage, où l’existence sans corps respire, où il n’y a ni joie ni absence de joie, ni révolte ni engourdissement, et où les lois elles-mêmes se confondent, où deux fois deux ne font pas quatre, car les nombres un et deux n’existent pas — oui – ceux qui ne sont plus là se trouvent là-bas, dans l’utérus du paradoxe, à l’écoute de l’autre temps, qui bat, bat, bat, sans jamais se rompre, sans vous en expulser pour vous livrer à nouveau à la peur – Cela tient en lâchant prise, cela lâche prise en tenant bon, être et ne pas être : secret, secret, secret. Traduction littérale par Gemini Anna T. Szabó, née en 1972 en Roumanie, poétesse, écrivaine, traductrice hongroise source : Modern Poetry Translation
Anna T. Szabó : Crossing, out / Barrage (2026)
art-moderneFederico Zandomeneghi : Casetta a Montmartre (1879)
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