pente implacable qui t’entraîne vers l’entrée noire de la grotte inconnue et qui roule sans fin sa longue litanie des sens ballotés en galets de rivière pensée agrippée au mensonge prégnant des souvenirs forts visages qui passent en défilé de pantomimes galerie en trompe-l’œil occupée à renvoyer les faux miroirs du passé et l’enfance si loin si floue dans ses limbes sa focale déréglant les regrets éternels morceaux de cœur qui se sont déchirés laissant la cicatrice ouverte comme un scintillement malaises persistants des rencontres incertaines ou si fusionnelles dans l’oubli des adieux soie des peaux caressées eau fraiche des baisers feu brûlant des regards mains qui se sont délacées âme pixellisée collages et amalgames du parcours indécis que fut ta vie pleine heureusement rythmée par les mots et la musique tes bouées de lumière et de sauvetage Texte de Luc Fayard

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cultivons l''espoir d'un cycle des saisons déraillé pour que jusqu’à la fin des temps le monde stagne en hiver sous des montagnes de stalagmites bannissant enfin les affres de l’inclinaison loin de ce printemps au sourire hypocrite ses germes d’insolence ignorant la souffrance tout doit rester gelé bloqué en cul-de-sac mieux vaut la beauté congelée cachée invisible même que les frétillements imbéciles de ces vernales futiles à quoi bon ce bourgeon-ci ce chaton-là nous faire croire assourdissantes bêtises que tout recommence mythe millénaire du renouveau comme si tout n’était pas déjà bouclé mille fois la mauvaise herbe qui pointe la feuille qui s’enhardit le vert qui nappe la terre autant de cellules cancéreuses qui s'épanouissent autant d’indices vite oubliés au moins le chêne blanc aime tellement l’hiver qu’il porte sa feuille morte le plus longtemps possible ailleurs que de vanités dans l’énergie gaspillée de ces renaissances éternellement revécues coassements rauques papillons énervés butineuses à ultraviolet agitations futiles de la surface des choses comme si la vie voulait ravaler sa façade alors qu’elle ne fait que se répéter pièce de théâtre outrée aux comédiens lassés au printemps prochain pas de sacre le miracle n'aura pas lieu la laideur sera toujours laide la misère sera toujours sale il n’y a pas de saisons il n’y a que des leurres de bonheur Texte de Luc Fayard

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Gravir en soi la longue pente S’escalader de l’intérieur Connaître en soi les moindres portes Faire la part du fou et du coeur Courir en soi les moindres sentes Sans souci du temps et de l’heure Se prendre comme place forte Sans en attendre aucun honneur Accueillir chaque jour Comme un voyageur égaré Et ne jamais parler d’amour Avant que l’amour n’ait parlé . Comme un voyageur égaré, Éditions du Club des Poètes, 1981 Jean-Pierre Rosnay, né le 8 avril 1926 à Lyon et mort le 19 décembre 2009 à Paris 15e[1],[2], est un poète et écrivain français du XXe siècle. Il poursuivit sans relâche, aux côtés de sa muse Marcelle Rosnay, un combat pour rendre la poésie contagieuse et inévitable, et son nom est devenu indissociable du Club des poètes[3] et du rituel « amis de la poésie, bonsoir ! » par lequel débutaient ses émissions de poésie à la radio et à la télévision. (wikipedia) pour une fois un peu dithyram

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La Gazette d'Amavero n°30
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