Tous les poèmes de Luc Fayard

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Re Chab : Le jardin propice (2020)

Re Chab : Le jardin propice (2020)

(Jacques Hemery — Mont Ventoux (2020))

Au jardin propice, j’ai attendu que le temps se dénoue. On s’habitue à être à genoux,

La Gazette d’Amavero n°28 – jeudi 6 août 2026

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Nouveau recueil de poèmes aux Éditions Amavero : « la gravité des pétales » de Luc Fayard

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La poésie est intraitable, insaisissable, comme Godzilla
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Louise Dahl-Wolfe – Twins At A Beach (1955)art-contemporain

Louise Dahl-Wolfe – Twins At A Beach (1955)

Vous qui avez ausculté le cœur de la nuit, et qui dans l’insomnie tenace avez entendu une porte se fermer, une voiture retentir au loin, un écho vague, un léger bruit… Aux moments de mystérieux silence, quand les oubliés surgissent de leur prison, à l’heures des mort, à l’heure du repos, vous lirez mes vers d’amertume imprégnés ! … Comme en un vase en eux je verse la douleur de lointains souvenirs et de malheurs funestes ainsi que la triste nostalgie de mon âme, ivre de fleurs ; j’y déverse le deuil de mon cœur par les fêtes attristé. Et le regret de ne pas être ce que j’aurais pu, j’évoque la perte du royaume qui m’était destiné, le songe qu’est ma vie depuis que je suis né, ah ! penser que j’aurais pu ne pas naître !… J’évoque cela dans le profond silence où la nuit enveloppe l’illusion d’être sur terre, je sens les échos du cœur du monde forer mon cœur le laissant profondément ému. Los que auscultasteis el corazón de la noche, los que por el insomnio tenaz habéis oído el cerrar de una puerta, el resonar de un coche lejano, un eco vago, un ligero ruido… En los instantes del silencio misterioso, cuando surgen de su prisión los olvidados, en la hora de los muertos, en la hora del reposo, ¡ sabréis leer estos versos de amargor impregnados !… Como en un vaso vierto en ellos mis dolores de lejanos recuerdos y desgracias funestas y las tristes nostalgias de mi alma, ebria de flores, y el duelo de mi corazón, triste de fiestas. Y el pesar de no ser lo que yo hubiera sido, la pérdida del reino que estaba para mí, el pensar que un instante pude no haber nacido, ¡ y el sueño que es mi vida desde que yo nací !… Todo esto viene en medio del silencio profundo en que la noche envuelve la terrena ilusión, y siento como un eco del corazón del mundo que penetra y conmueve mi propio corazón. Cantos de vida y esperanza (1905) Tipografía de Revista de Archivo y Bibliotecas, Madrid, 1905 Traduit de l’espagnol par Jacinto-Luis Guereña In, « Anthologie bilingue de la poésie espagnole contemporaine », Editions Gérard et Cie (Marabout Université), Verviers (Belgique),1969 Rubén Darío , nicaraguayen (1867 – 1916) source

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Rubén Darío : Nocturne / Nocturno (1905)

Joan Brown – Golden Gate Bridge (1974)art-contemporain

Joan Brown – Golden Gate Bridge (1974)

Paul Gauguin – Le Cheval blanc (1898)art-moderne

Paul Gauguin – Le Cheval blanc (1898)

À Alejo Carpentier Augmente monte et monte encore Au ciel de mes passions Bien plus haut que le vaisseau Cosmique de l’enfance, bien plus haut Que plane en moi l’aigle De l’éternelle douleur, Monte et monte et monte dans la rose Des vents tristes de mon passé ! Petite lampe aux ailes noires Noir escalier de mon chagrin Mon envie sans ailes Mon envie haïtienne Mon envie–tortue mon envie–serpent Mon envie qui rentre et qui grimpe Ô mon envie de pleurer sur le monde ! Petite lampe–alouette de la flamme Tu lécheras jusqu’au bout la chair Ensanglanté de ma parole humaine. Tu monteras toutes les marches Qui mènent jusqu’à l’agonie du monde Tu feras ton escalade de soie noire Avec tous les mauvais jours de ma race Ô mon envie de pleurer sur le monde ! Ô lampe perdue dans la foule des blancs Lampe–tempête que la neige tua une nuit Au fond d’un cachot du Jura Milliers de petites lampes que la neige Tue encore chaque soir Au cœur jurassien du monde Petite lampe sans mémoire au bout de la tristesse de mon âme, Immense escalier de mon jardin d’enfant Ô monte avec ma rage de voir Que rien n’a vraiment changé sous le ciel Monte avec mes mélodies et mes os Qui se sont brisés sur un rocher perdu de la lune Monte les marches haïtiennes de ma peine Monte les marches planétaires de ma peine Monte hirondelle aux cieux ovariens de mon long passé d’esclave Monte avec mes légendes couvertes de neige Monte comme un rendez-vous dans mes pas Avec la volonté de toute la terre en marche dans l’espace humain Traduit du grand large, Seghers, 1952

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René Depestre : Histoire d’une petite lampe (1952)

Max Pechstein – Seated Girl (1910)art-moderne

Max Pechstein – Seated Girl (1910)

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