art-moderneAugust Macke : Deux filles dans la forêt (1912)
Chove en Santiago, meu doce amor. Camelia branca do ar brila entebrecida ó sol. Chove en Santiago na noite escura. Herbas de prata e de sono cobren a valeira lúa. Olla a choiva pola rúa, laio de pedra e cristal. Olla no vento esvaído, soma e cinza do teu mar. Soma e cinza do teu mar, Santiago, lonxe do sol ; ágoa da mañán anterga trema no meu corazón. Il pleut à Saint-Jacques, mon doux amour. Le camélia blanc de l'air brille en demi-teinte au soleil. Il pleut à Santiago dans la nuit sombre. Des herbes d'argent et de sommeil couvrent la lune vide. Regarde la pluie par la rue, plainte de pierre et de cristal. Regarde dans le vent évanoui, la somme et la cendre de ta mer. Somme et cendre de ta mer, Saint-Jacques, loin du soleil ; l'eau du matin ancien frémit dans mon cœur. traduction littérale, arrangée par Luc Fayard Seis poemas galegos (1935). Écrit directement en galicien. Federico Garcia Lorca, poète et dramaturge espagnol, également prosateur, peintre, pianiste et compositeur (wikipedia) (1898-1936) source du texte
Federico Garcia Lorca : Madrigal à la ville de Saint-Jacques (1935)
art-moderneValentin Serov : Portrait de Praskovia Anatolievna Mamontova (1887)
c’est afin que le ciel nous ménage un passage entre les vergers bleus et les coteaux vernis du paysage que j’en appelle à dieu car je vais retirer mon ombre de mes pages mon ombre de corbeau afin de découvrir d’autres images et les chants les plus beaux c’est ainsi que partaient mes ancêtres si sages vers de profonds confins et qu’ils descendaient d’étage en étage vers le lieu de leur fin moi j’ai perdu mon temps la colère et la rage ont déchiré mes heures oncques ne me suis soumis à l’orage avant ma dernière heure un rossignol chantait hier il chante encore cette nuit qui va finir comme la nuit où l’on entend le train siffler rossignol grâce à ta prière la nuit se prolonge ardemment et je me tiens comme un amant de Colombine aux belles mains ne te tais pas si je pouvais je chanterais un air mauvais pour rendormir tous ces bourgeois qui ne connaissent pas la joie poèmes ratés je vous fixe aujourd’hui rendez-vous encore un dans le panier d’autres dans la cheminée vous brûlez j’en suis fort aise vous délivrez du malaise ma tête emplie de fadaises et puis je meurs avec vous soyez bénis vous êtes là où je ne vous attendais pas reliques de mon désespoir et vous me redonnez l’espoir le paradoxe est un bon plat qui se mange bien cuit mais froid sans lui je serais déjà froid dans l’abîme froid de mes draps or je boite comme jamais je ne boitais au mois de mai c’est ce que le merle me dit et je n’ose le contredire nous sommes de nouveau lundi je tiens mes rêves pour l’oubli d’une semaine de repli et je recommence à partir de rien vers mon petit martyre Passage des ombres, Éditions de la Table Ronde), 2008 Jean-Claude Pirotte , avocat, poète, peintre (1939-2014)
Jean-Claude Pirotte : c’est afin que le ciel nous ménage un passage (2008)
Make a place to sit down. Sit down. Be quiet. You must depend upon affection, reading, knowledge, skill – more of each than you have —-inspiration, work, growing older, patience, for patience joins time to eternity. Any readers who like your poems, doubt their judgment. Breathe with unconditional breath the unconditioned air. Shun electric wire. Communicate slowly. Live a three-dimensioned life; stay away from screens. Stay away from anything that obscures the place it is in. There are no unsacred places; there are only sacred places and desecrated places. Accept what comes from silence. Make the best you can of it. Of the little words that come out of the silence, like prayers prayed back to the one who prays, make a poem that does not disturb the silence from which it came. source : The Marginalian, sur fb Faites une place pour vous asseoir. Asseyez-vous. Gardez le silence. Remettez-vous en à l'affection, la lecture, le savoir, la compétence – chacun en plus grande mesure que ce que vous possédez – l'inspiration, le travail, le vieillissement, la patience, car la patience unit le temps à l'éternité. Quant aux lecteurs qui apprécient vos poèmes, doutez de leur jugement. Respirez d'un souffle inconditionnel l'air inconditionné. Fuyez les fils électriques. Communiquez lentement. Vivez une vie en trois dimensions ; tenez-vous à l'écart des écrans. Éloignez-vous de tout ce qui obscurcit le lieu où vous êtes. Il n'existe pas de lieux profanes ; il n'y a que des lieux sacrés et des lieux profanés. Accueillez ce qui naît du silence. Tirez-en le meilleur parti. Des mots ténus qui émergent du silence, tels des prières revenant vers celui qui prie, composez un poème qui ne trouble pas le silence dont il vient traduction : Luc Fayard
Wendell Berry : How to be a poet
art-moderneElaine de Kooning : Autoportrait (1946)
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