au tamis des chênes verts la lumière dessine une scène pointilliste âme troublée entre douleur et amour mais toujours y domine l’ombre au filtre de l’eau qui court le galet s’use et roule en boule cœur flottant entre joie et peine mais toujours s’y tapisse l’espoir Texte de Luc Fayard

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La Gazette d’Amavero n°28 – jeudi 6 août 2026

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Nouveau recueil de poèmes aux Éditions Amavero : « la gravité des pétales » de Luc Fayard

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Gustave Caillebotte – La Seine par temps brumeux (1891)art-moderne

Gustave Caillebotte – La Seine par temps brumeux (1891)

Diego Rivera – Portrait of Two Women (1914)art-moderne

Diego Rivera – Portrait of Two Women (1914)

pour Jeanne Charcot Si les ondines et les fées Maintenant ainsi qu’autrefois Sur une coquille de noix Naviguaient, de corail coiffées, Et si j’étais, – car nous aimons Suivre parfois d’étranges rêves, – Un des minuscules démons Rois de la mer bleue et des grèves, Je ne voudrais d’autre travail Que d’agiter cet éventail Pour faire une brise légère Qui pousserait tout doucement Le bateau vers un port charmant Et vous seriez la passagère. Poésie, Éditions Alphonse Lemerre, 1900 (posthume) Paul Arène, poète provençal et écrivain (1843-1896) source

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Paul Arène : Sur un éventail (1900)

Maurice Denis – Sur la Plage (Fillettes à Contre-Jour) (1892)art-moderne

Maurice Denis – Sur la Plage (Fillettes à Contre-Jour) (1892)

Ecoute-moi, les poètes à lauriers n'évoluent que parmi les plantes au nom peu usité: buis troènes ou acanthes. Quant à moi, j'aime les chemins qui mènent aux fossés herbeux où dans les flaques à moitié asséchées des gamins attrapent quelques anguilles éparses: les sentiers étroits qui suivent les crètes descendent entre les touffes de roseaux et mènent aux potagers, parmi les citronniers. Tant mieux si le tapage des oiseaux s'estompe engloutie par l'azur : on perçoit plus clairement le murmure des branches amies dans l'air à peine agité et la présence de ce parfum qui ne peut se détacher de la terre et inonde le cœur d'une douceur inquiète. Ici, par miracle les passions tumultueuses font taire leur guerre, ici revient même à nous pauvres notre part de richesse et c'est le parfum des citrons. Vois-tu, en ces silences où les choses s'abandonnent et semblent près de livrer leur ultime secret, on s'attend parfois à découvrir un défaut de la nature, le point mort du monde, le maillon qui rompt, le fil à démêler qui nous conduise enfin au cœur d'une vérité. Le regard scrute les alentours, l'esprit enquête accorde sépare dans le parfum qui se répand à mesure que le jour languit. Ce sont les silences où l'on entrevoit en chaque ombre humaine qui s'éloigne quelque Divinité tourmentée. Mais l'illusion s'efface et le temps nous ramène aux villes bruyantes où le bleu ne de dévoile que par bribes, là-haut, entre les toits. Puis la pluie lasse la terre ; l'ennui de l'hiver accable les maisons, la lumière se fait avare – amère l'âme. Jusqu'au jour ou d'une porte cochère mal fermée parmi les arbres d'une cour se montre à nous le jaune des citrons; et le givre du cœur se dissipe, et au fond de nos poitrines leurs chants se précipitent les trompettes d'or du soleil. Ascoltami, i poeti laureati si muovono soltanto fra le piante dai nomi poco usati: bossi ligustri o acanti. Io, per me, amo le strade che riescono agli erbosi fossi dove in pozzanghere mezzo seccate agguantano i ragazzi qualche sparuta anguilla: le viuzze che seguono i ciglioni, discendono tra i ciuffi delle canne e mettono negli orti, tra gli alberi dei limoni. Meglio se le gazzarre degli uccelli si spengono inghiottite dall'azzurro: più chiaro si ascolta il susurro dei rami amici nell'aria che quasi non si muove, e i sensi di quest'odore che non sa staccarsi da terra e piove in petto una dolcezza inquieta. Qui delle divertite passioni per miracolo tace la guerra, qui tocca anche a noi poveri la nostra parte di ricchezza ed è l'odore dei limoni. Vedi, in questi silenzi in cui le cose s'abbandonano e sembrano vicine a tradire il loro ultimo segreto, talora ci si aspetta di scoprire uno sbaglio di Natura, il punto morto del mondo, l'anello che non tiene, il filo da disbrogliare che finalmente ci metta nel mezzo di una verità. Lo sguardo fruga d'intorno, la mente indaga accorda disunisce nel profumo che dilaga quando il giorno più languisce. Sono i silenzi in cui si vede in ogni ombra umana che si allontana qualche disturbata Divinità. Ma l'illusione manca e ci riporta il tempo nelle città rumorose dove l'azzurro si mostra soltanto a pezzi, in alto, tra le cimase. La pioggia stanca la terra, di poi; s'affolta il tedio dell'inverno sulle case, la luce si fa avara – amara l'anima. Quando un giorno da un malchiuso portone tra gli alberi di una corte ci si mostrano i gialli dei limoni; e il gelo del cuore si sfa, e in petto ci scrosciano le loro canzoni le trombe d'oro della solarità Ossi de seppia (Os de seiche), 1925 Eugenio Montale (1896-1981) , poète italien, prix Nobel de Littérature (1975)

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Eugenio Montale : Les Citrons (I Limoni) (1925)

Pierre Bonnard — En Été (1931)art-moderne

Pierre Bonnard : En Été (1931)

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